Bienvenue sur la Grande Bibliothèque du Droit ! Ceci est une bibliothèque contributive. Vous pouvez nous proposer des articles.


La Grande Bibliothèque du Droit est une bibliothèque juridique en ligne, en accès libre et gratuit, créée par le Barreau de Paris.

Les lecteurs et contributeurs ne doivent pas oublier de consulter les Avertissements juridiques.

Welcome to the Grand Law Library ! This is a participatory e-library. You can send us your publications


Data scraping: un juge américain autorise l'exploitation de vos données personnelles sur LinkedIn par un tiers (fr)

Version imprimable
Un article de la Grande Bibliothèque du Droit, le droit partagé.
Aller à : navigation, Rechercher
France >
Fr flag.png
Us flag.png


Auteur: Thierry Vallat, Avocat.
Septembre 2017
Source : Reuters



C'est une pratique détestable connue sous le nom de "data scraping".


Une entreprise recueille les données publiques d'un site internet ou d'un réseau social en extrayant le contenu de la cible et les exploite pour son propre compte, sans bien sur que vous ayez donné une quelconque autorisation.


Il s'agit ni plus ni moins que d'un vol de données, ainsi qu'une violation de la vie privée des utilisateurs et les principaux acteurs sociaux comme Facebook ou LinkedIn combattent cette pratique pour protéger leurs


Mais telle n'a pas été l'analyse d'Edward Chen, un juge fédéral du tribunal de district de San Francisco, qui a considéré le 14 août 2017 que LinkedIn, filiale de Microsoft, n'avait pas le droit d'empêcher la startup californienne HiQ Labs, ou quiconque d’exploiter les données publiques recueillies à partir des profils d’utilisateurs de son réseau !


En mai dernier, LinkedIn s'était aperçue que HiQ Labs pillait sans vergogne les données en pratiquant le data scraping et avait donc mis en place un mécanisme de blocage. HiQ Labs réagissait vigoureusement en portant plainte contre LinkedIn au motif que les données concernées étaient publiques, qu'elles lui servaient pour les besoins de ses propres algorithmes et qu'en bloquant leur accès les lois anticoncurrentielles étaient enfreintes.


Il était également prétendu que LinkedIn vendait d'ailleurs régulièrement ce type de données à des recruteurs, sans le consentement des membres, violant ainsi la confidentialité des consommateurs.


Le juge a tranché en faveur de HiQ Labs en enjoignant à LinkedIn de supprimer sous 24 heures toute technologie de blocage à l’accès aux informations contenues sur les profils publics.


"Les préoccupations de confidentialité de LinkedIn sont quelque peu compromises à cause du fait que LinkedIn permet déjà à d’autres tiers d’accéder aux données des utilisateurs sans que ses membres en soient informés et sans leur consentement", peut-on lire dans un extrait du jugement publié par le San Francisco Chronicles.


LinkedIn a annoncé qu'elle allait contester cette décision qui interpelle cependant sur le devenir des données personnelles confiées aux réseaux sociaux qui constituent un gisement d' "or blanc" très convoité.


Redoublez donc de vigilance quant à la confidentialité de vos données mises en ligne sur les réseaux sociaux, afin qu'elles ne soient données facilement en pâture aux prédateurs du net.