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Pourquoi il FAUT souscrire une assurance dommages ouvrage (fr)

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France >  Droit civil >  Droit immobilier >  Droit de la construction 
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Marie-Laure Fouché, avocat au barreau de Paris
Février 2019


Je vous ai déjà parlé, à plusieurs reprises, de l’assurance dommages ouvrage.


J’ai notamment expliqué ce que c’est et comment ça fonctionne [1], et aussi rappelé quels préjudices [2] cette assurance indemnise.


J’ai déjà rappelé à deux reprises pourquoi il faut vraiment en souscrire une, même si votre entrepreneur est assuré.


Le problème, c’est qu’il s’agit d’une obligation d’assurance, mais qui n’est assortie d’aucune sanction.


La tentation est donc très forte de ne pas la souscrire pour économiser son coût.


Ainsi, l’article L 242-1 du Code des assurances relatif [3] à l’assurance dommages ouvrage prévoit en ses deux premiers alinéas :


« Toute personne physique ou morale qui, agissant en qualité de propriétaire de l’ouvrage, de vendeur ou de mandataire du propriétaire de l’ouvrage, fait réaliser des travaux de construction, doit souscrire avant l’ouverture du chantier, pour son compte ou pour celui des propriétaires successifs, une assurance garantissant, en dehors de toute recherche des responsabilités, le paiement de la totalité des travaux de réparation des dommages de la nature de ceux dont sont responsables les constructeurs au sens de l’article 1792-1, les fabricants et importateurs ou le contrôleur technique sur le fondement de l’article 1792 du code civil.

Toutefois, l’obligation prévue au premier alinéa ci-dessus ne s’applique ni aux personnes morales de droit public, ni aux personnes morales assurant la maîtrise d’ouvrage dans le cadre d’un contrat de partenariat conclu en application de l’article 1er de l’ordonnance n°2004-559 du 17 juin 2004 sur les contrats de partenariat, ni aux personnes morales exerçant une activité dont l’importance dépasse les seuils mentionnés au dernier alinéa de l’articleL 116-6, lorsque ces personnes font réaliser pour leur compte des travaux de construction pour un usage autre que l’habitation ».


Autrement dit, tout Maître d’Ouvrage privé doit souscrire cette assurance.


Cependant, il n’existe pas de sanction si on ne le fait pas. Ce qui, en réalité, est un problème.


En pratique, la sanction, si on n’a pas souscrit d’assurance dommages ouvrage… Eh bien, c’est qu’on est privé du bénéfice de cette assurance en cas de problème.


On peut se dire que ce n’est pas bien grave, on pourra se reposer sur les assurances de ses entreprises.


Sauf que, pas nécessairement comme je le rappelais plus haut [4].


Mais en plus, un arrêt récent de la Cour de Cassation vient aggraver le problème.


Selon une importante décision du 8 novembre 2018 [5], la Cour de Cassation nous dit en substance que si votre entreprise est assurée pour la mise en oeuvre du procédé X, l’assureur peut dénier sa garantie si l’entreprise utilise le procédé Y.


Ce qui veut dire que, non seulement, il faut vérifier:


  • Si son entreprise est assurée,
  • Si elle est bien assurée pour l’activité qu’elle va mettre en oeuvre chez vous (par exemple, vérifier si elle pose de fenêtres qu’elle est bien assurée pour des menuiseries extérieures et pas juste intérieures)
  • Et si dans le cadre de cette activité assurée, il n’y a pas des restrictions de procédé.


Donc, méfiance, méfiance.


La solution à envisager : toujours souscrire une assurance Dommages Ouvrage.


En effet, dans cette hypothèse, c’est elle qui subit le risque d’une mauvaise assurance de l’entreprise (voire qui va vérifier tout ça en amont) et non plus le Maître d’Ouvrage.


C’est aussi une nouvelle bonne raison de faire appel à un architecte [6] qui fera ces vérifications pour vous, ou à défaut engagera sa responsabilité s’il se trompe.