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Vers une surveillance intelligente en France avec la reconnaissance faciale de masse ? (fr)

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Thierry Vallat : Avocat au barreau de Paris
Juin 2018


Inspiré certainement par le modèle chinois de contrôle et de surveillance de la population, la reconnaissance faciale "intelligente" parait devenir une priorité pour le ministère de l'Intérieur français.

Gérard Collomb vient en effet d'annoncer sans ambiguïté ses intentions au sujet de la surveillance et l'identification par reconnaissance faciale dans son bilan "d'un an de maintien de l'ordre" dévoilé le 8 juin 2018 avec ce constat édifiant:


"en matière d’exploitation des images et d’identification des personnes, on a encore une grande marge de progression.L’intelligence artificielle doit permettre, par exemple, de repérer dans la foule des individus au comportement bizarre".


On tremble déjà sur la définition de la bizarreté qui vous fera repérer automatiquement en train de faire vos courses ou dans les transports en commun !


Bizarre ou pas, et certainement sans hasard du calendrier, le CNRS vient à cet égard d'annoncer la signature d'une convention avec la DRM [1]


La Direction du renseignement militaire et le CNRS ont effet mis en place une collaboration concrétisée par la signature d’une convention entre les deux parties le jeudi 30 mai 2018 qui confirme que les recherches sur la reconnaissance automatique d’image intéressent particulièrement le renseignement militaire et l'intérêt des services de l'Etat pour le développement d'intelligences artificielles de reconnaissance d'image,


Mais la surveillance d'Etat par reconnaissance et identification faciale est-elle vraiment compatible avec le respect des libertés publiques ?


Et de quelles garanties va pouvoir bénéficier la population sur le respect des droits fondamentaux à la vie privée ?


On peut en effet craindre que les données biométriques propres à chacun puissent servir à des fins de prévention ou de répression d'expression politique ou de contestation sociale, sous l'alibi de la recherche de la tranquillité publique et de la sécurité (lire notre article Smart City et sécurité publique [2])


Retrouvez également notre article La reconnaissance faciale s'invite partout [3] et notre analyse sur le sujet pour 20 minutes Education: Les questions que pose la reconnaissance faciale [4]


(source: La Croix [5])