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Actualité de la reconnaissance faciale décembre 2018: elle s'invite dans les lycées de PACA dès janvier prochain (fr)

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Version du 18 décembre 2018 à 15:09 par Ingrid Lebaz (discussion | contributions)

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Thierry Vallat, avocat au barreau de Paris
Décembre 2018



Big brother dans nos écoles: c'est déjà aujourd'hui ! Nous lancions ce cri d'alarme en juillet dernier dans notre article Vidéosurveillance, reconnaissance faciale et badge de présence pour les élèves: bienvenue dans l'école 2.0 de 2018 [1].


Et nous n'avions encore rien vu !


Le quotidien Niçois Nice Matin nous confirme en effet que dès janvier 2019 se déroulerait une expérimentation de reconnaissance faciale dans des lycées français.


Des portiques visuels de contrôle d’accès développés par la société américaine Cisco, seront installés dans deux établissements de la Région Provence Alpes Côte d’Azur Ampère à Marseille et les Eucalyptus à Nice.


Des capteurs vidéos seront installés devant les grilles de l'établissement.


A chaque lycéen ou professeur serait associée une identité numérique comprenant une photo, comme un badge ou un bracelet par exemple.


Les capteurs seraient capables de déterminer si l’image de la personne qui vient de passer se trouve bien dans les fichiers du lycée, en comparant toutes les images enregistrées au préalable


Si tel n’est pas le cas, le surveillant qui contrôle les allées et venues à l’ouverture du portail reçoit une alerte sur un écran (ordinateur, tablette ou smartphone).


Les caméras installées par la société enregistrent le parcours de cette personne repérée afin d’aider le surveillant à identifier et approcher ce visiteur inconnu.


On parle de seulement, dans un premier temps, de deux classes de l’établissement niçois.


Soit une soixantaine d’élèves sur un millier, selon le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES).


Il s'agit d'apporter une assistance aux agents assurant l’accueil du lycée afin de faciliter et réduire la durée des contrôles, lutter contre l’usurpation d’identité et détecter le déplacement non souhaité d’un visiteur non identifié"


Le (SNES) qui émet d'ailleurs de nombreuses réserves sur ce dispositif: son coût, l'utilisation des fichiers, le remplacement du personnel par des machines, ou encore le fait que cette période de test n'aura aucun impact direct sur la sécurité des élèves.


On peut également comprendre l'inquiétude légitime des parents sur ce mode de contrôle et de surveillance de leur enfant.


Le consentement préalable des lycéens serait requis et ceux qui refuseraenit la biométrie pourront, en théorie, continuer sur un contrôle classique.


C'est déjà un vieux projet caressé par la Région PACA dont le président Les Républicains Renaud Muselier avait déposé en début d'année 2018 auprès de la commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) une demande de conseil sur ce « projet d’expérimentation de portique visuel » (lire dans La Provence. [2])


La Région annonce que la CNIL aurait désormais donné son feu vert à pour lancer l’expérimentation.


C'est aller vite en besogne car il ne s'agissait que d'une "demande de conseil" sur ce dossier, qui n’a pas valeur d’avis ou de validation de la Commission.


Force est en outre de constater que le règlement européen n'implique plus de déclaration préalable à la CNIL.


En revanche, la transparence requise par le RGPD depuis mai 2018 devra être respectée.


Pour être conforme au RGPD, la CNIL recommande d'ailleurs de faire figurer un premier niveau d’information sur un panneau d’information affiché à proximité du dispositif de contrôle d’accès aux locaux.


Le second niveau d’information pourra être porté à la connaissance des personnes concernées par le biais d’une note d’information plus complète relative à la gestion des données personnelles et aux droits de personnes, mise à disposition des visiteurs (durée de conservation des données, accessibilité, finalité du traitement etc.),


Rappelons enfin que le critère absolu, c’est la proportionnalité de cette démarche par rapport à l’utilisation qu’on veut en faire, La question est : est-ce qu’il n’existe pas un autre moyen moins intrusif dans la vie privée que cette technologie un peu invasive pour assurer la sécurité ? » Nos bon vieux surveillants ne font-ils d’ores et déjà pas ce travail ou cherche-t-on à les supprimer encore d'avantage ?


Et ne comptez pas vous détendre avec un peu de musique pour oublier que vous êtes fliqués: la reconnaissance faciale est utilisée aujourd'hui systématiquement par plusieurs artistes, comme Taylor Swift , qui l'utilisent pour des raisons de sécurité, en scannant la foule afin d'identifier lors de leurs concerts les éventuels stalkers mis sur liste noire....


Big Brother on vous dit.


Retrouvez notre analyse sur le sujet pour 20 minutes Education: Les questions que pose la reconnaissance faciale dans les écoles. [3]


(source: Nice Matin https://www.nicematin.com/vie-locale/la-reconnaissance-faciale-testee-des-janvier-2019-a-lentree-dun-lycee-de-nice-284866 [4]